La Poésie, Baume pour l’Ame et le Coeur. Rumi le poète le plus traduit au monde.

« Tu n’as pas idée à quel point,

J’ai cherché un présent à t’offrir.

Rien ne semblait convenir.

Pourquoi offrir de l’or à une mine d’or

Ou de l’eau à l’Océan.

Tout ce que j’ai trouvé,

C’était comme offrir des épices à l’Orient.

Ce n’est pas bien de donner mon cœur et mon âme,

Car tu les possèdes déjà.

Donc, je t’ai apporté un miroir.

Regarde-toi et souviens-toi de moi. »

Rumi

Entrer dans l'extase par le pouvoir des mots

"La poésie authentique peut communiquer avant d'être comprise ", suggérait T. S. Eliot, et lorsqu'il s'agit d'accéder à nos pouvoirs inconscients de compréhension, la poésie a toujours été un fondement de la vie humaine présent dans la musique, l’art, la danse, la gastronomie, et même dans l’architecture, en physique et en mathématiques, dans le but de communiquer des mystères que le monde matériel peine à reconnaître et n'exprime pas.

La  poésie invite à la compréhension de choses intangibles, puissantes qui ne peuvent être connues que par l'expérience personnelle. C'est un peu comme essayer de décrire ce qu'est l'amour, et en fait, la poésie est peut-être le seul moyen de vraiment décrire l'amour, et donc de décrire le paradis aussi.

Le Paradis est présent dans la poésie

La raison de cette incursion dans la présence est qu'il n'y a pas de meilleur chemin que la poésie, car la poésie, c'est la présence inscrite dans le langage. Vous ne pouvez pas lire un poème avec votre tête ou votre cœur ailleurs qu'ici et maintenant, n'est-ce pas ?

Vous devez volontairement vous concentrer sur la façon dont la poésie parle en vous maintenant ou vous risquez de passer à côté de  la magie des mots.

En termes gnostiques, un poème pourrait être considéré comme un fragment de cette plénitude divine capturée comme la foudre dans une bouteille. Un instantané fragmentaire d'un paradis personnel que vous avez dans "l'œil de votre esprit", mais le paysage émotionnellement marqué que nous appelons le Paradis ne peut être représenté qu'en utilisant l'œil de notre cœur. Ouvrir cet œil est l'œuvre de mots si bien choisis qu'ils transcendent l'expérience de la lecture d'évocations dont vous n'avez peut-être pas réalisé l'absence et le désir, tant que vous ne les avez pas lus. La poésie ouvre des portes secrètes vers un état d'existence totalement différent que l'on ne peut qualifier que d’extatique.

C'est la surprise de la conscience soudaine de l'éclat, ou de la persuasion de votre abandon à l'amour qui surgit et se déverse à travers les mots de Yeats ou Dickinson, Rilke ou Neruda, ou dans ce cas, le poète Sufi Jalalal ad-Din Muhammad Rumi.

« Au-delà des notions d'actes répréhensibles et d'actes justes,

il y a un royaume. On se retrouve là-bas. »

La poésie de Rumi a quelque chose d'étonnamment contemporain, bien qu'elle date du XIIIe siècle. C'est le poète le plus lu et le plus traduit au monde, même lorsque son but principal semble clairement de nous « déchirer » par le pouvoir des mots. Son but est de détruire nos malaises extérieurs si subtilement que nous nous dissolvons spontanément dans une sorte de félicité.

Bien que vous n'y ayez peut-être jamais songé auparavant, la poésie peut être si puissante que le simple fait de la lire peut modifier complètement votre énergie en la sublimant. Lisez un peu de Rumi, et après quelques poèmes, vous remarquerez que votre attitude va changer. Toute angoisse existentielle que vous éprouvez dans votre corps et votre esprit commencera à s'équilibrer avec des forces bienveillantes invisibles, déconstruisant et réassemblant votre esprit et votre corps au niveau cellulaire à la vitesse à laquelle vous lisez. Vous serez irrévocablement transformé, tout comme le monde qui vous entoure.

Le paradis se trouve dans l'air pur du désert : L'histoire de Rumi

Ces voyages intemporels en présence des aventures de Rumi dans un paradis poétique éveillent les sensations d'un voyage mystique dans le désert. L'étendue semble claire à chaque horizon, peuplée uniquement par l'esprit infini du "Bien-Aimé" sous toutes ses formes.

La matérialité humaine est comme une vitrine qui se dissout dans un mirage étincelant, et l’unique autre âme importante que l’on voit s'approcher est "l'Ami", un gourou ou un professeur, une sœur ou un frère voyageur en quête de mystères, un compagnon incontrôlable de l'âme. L'Ami est l'achèvement de notre âme, envoyé pour nous sauver et nous extraire de ce beau désert, pour nous ramener à la lumière que nous méritons d'habiter.

Jalalal ad-Din (ou Jalaluddin) Muhammad Rumi est né en Afghanistan en 1207 de notre ère et a vécu dans la ville turque de Konya. Il appartenait à une communauté d'apprentissage derviche, un ordre de l'aspect mystique de l'Islam, le soufisme.

Coleman Barks, dans son livre L'âme de Rumi, décrit ainsi le but des derviches : "La communauté des derviches avait pour but d'ouvrir le cœur, d'explorer le mystère de l'amour pour essayer d’exprimer la vérité, et pour célébrer la gloire et la difficulté d'être dans une incarnation humaine."

En 1244, Rumi rencontra un derviche ascète errant nommé Shams de Tabriz, et aussitôt les deux hommes se rendirent compte qu'ils étaient « un » dans un sens trans-personnel, qu'ils étaient unis avec "l'Aimé" dans la présence de l'un et de l'autre. Pour Rumi, l'Ami qui sauvait la moitié de son âme était enfin arrivé, le transformant à jamais.

Quand Shams disparut mystérieusement après seulement quatre années passées ensemble, on dit que Rumi, terrassé par le chagrin, commença spontanément à tourner autour d’un poteau, récitant des poèmes consacrés à son ami perdu et à l'annihilation de son moi dans la douleur de la séparation.

Ce cercle est devenu un symbole représenté dans l'élégante méditation tournoyante (appelée sama) pour laquelle les derviches tourneurs sont célèbres.

Les soufis considèrent le cœur comme l'unique véritable porte d'entrée dans le Divin, et se consacrent à le purifier comme un moyen de prendre conscience du paradis dans toute existence.

 Les quatre étapes pour créer et maintenir cet accès vous sembleront probablement assez familières à ce stade :

1.     Se libérer des distorsions mentales qui nous séparent de notre Source Divine.

2.     Se libérer des attraits matériels de la vie. Ne pas courir après le monde.

3.     Transcender les illusions créées par notre ego égoïste.

4.     Se consacrer à l'union totale avec notre Source Divine de l`Existence.

En tant qu'humains, nous possédons et sommes possédés par une spiritualité essentiellement extatique, et c'est ce cœur sans limites que la poésie de Rumi pénètre avec une telle immédiateté :

« La perle transparente en plein coeur change tout.

Il n'y a plus de limites à mon amour à présent. »

Cette simple incitation suffit à entrer dans l'extase -l'état essentiel du sentiment d'être au Paradis.

Nous sommes libérés de toutes les choses extérieures comme un poids retiré de nos épaules. Les frontières qui semblent si réelles d'un corps à l'autre, d'un esprit à l'autre, sont des illusions que nous pouvons libérer des attachements et des apparitions qui limitent notre nature authentique.

 Cela représente un fort potentiel à libérer avec une simple petite strophe.

Extrait du livre Comment atteindre le paradis sans vraiment mourir

Après avoir survécu à trois Expériences de Mort imminente, Robert Kopecky découvre un fait remarquable sur la vie après la mort : Nul besoin de mourir pour aller au Paradis !